V09-2001-Eglise St Martin du Barry
La réhabilitation et la restitution d'une chapelle romane
Avant travaux
Le hameau du Barry à Montpeyroux 34 France, au pied du massif de la seranne
Dessin 1982
Une manifestation sur la place, Fin du 19 éme, la maraichaussée est là! séparation de l'église et de l'état?
L'intérieur de l'église, avec ses chapelles latérales du 19éme, grand état de délabrement.
Arc doubleau afaissé et "bétonné"
Le clocher surplombe l'abside Est romane
La restitution de l'église, à ses origines, restauration des arcs doubleaux du 16 éme et de l'abside Ouest
L'abside Est, colonne semi engagée
Colonne engagée demi cylindrique, croquis aprés sondage, vers une restitution...
Le chantier encore en cours, début 2008...
démarré en 2004, voir rubrique chantiers, une aventure.
PRESENTATION Posté le 23/02/2008
COMMUNE DE MONTPEYROUX

REHABILITATION DE L’EGLISE SAINT MARTIN DU BARRY

Les travaux consistent en la restitution de l’église telle qu’elle était au XII siècle et agrandie au XV11, en démolissant les chapelles latérales créées au XIX siècle afin de mettre a jours les arcs diaphragmes primitif. Ceux ci seront confortés si nécessaire, les diverses fissures de la voûte en cul de four seront reprises. Les sols seront entièrement refait, les barres de grés fin, existant sous les pavés de ciment de l’actuel sol, sont en partie réutilisées pour le nouveau sol. Les murs intérieurs sont entièrement décroûtés et ensuit à la chaux, les encadrements de baies seront restaurés ou remplacés, des vitraux seront posés et le portail d’entrée restauré.
La couverture de l’église sera restauré et le drain sur la façade nord découvert lors de fouilles archéologiques sera remis en état.
Une réserves et des sanitaires sont créés dans l’appendice. Un accueil et une petite réserve sont crées à l ‘entrée de l’église.

ETUDE HISTORIQUE


SITUATION
L’église du Barry est inscrite au cœur du hameau du Barry à Montpeyroux, sur une ancienne draille qui conduisait au château du Castellas et au-delà vers la Serrane et le plateau du Larzac.

HISTOIRE
Le hameau et l’église sont d’époque romane. La 1ère mention de la chapelle de St Martin du Barry apparaît dans le cartulaire de l’abbaye de Gélonne (n°168) en 1077, puis en 1099 où il est précisé que l’abbaye de Gélonne (Saint Guilhem le désert) a reçu en don la chapelle « Saint Martin d’Adissan » d’un pèlerin. Elle a été appelée par la suite « Saint Martin du Barry ».

PERIODE MODERNE
L’église a été modifiée à de nombreuses reprises, en particulier après 1618 et la ruine de l’église (période protestante).
L’organisation de l’édifice a été alors totalement bouleversée puisqu’il a été ajouté, à l’extrémité Ouest de la nef une seconde abside (décorée d’un ciel étoilé), plus large, ainsi qu’un appentis (tenant lieu de sacristie).
Selon Pierre CLEMENT, les voûtes de la nef, décalées vers le nord de l’abside romane, ont été alors élargies pour permettre d’accueillir les 1 400 feux de Montpeyroux. Cette hypothèse devra être confirmée par un sondage dans l’alignement Nord de l’abside romane à l’intérieur de la nef.
Les 4 arcs diaphragmes ont été dissimulés par des refends créant ainsi 10 chapelles voûtées de part et d’autre de la nef.

Enfin, la voûte en cul de four de l’abside Est a été bouchée (le spectre de l’arc triomphal apparaît nettement sur le refend crée). De nombreuses baies ont été percées et rapportées (voir plans et description) en particulier la porte principale à linteaux à plate bande.

Lors de la visite d’ALRAY, évêque de Lodève, le 8 Juin 1659 le rapport de Roger de Lodève, Chevalier/Père est très explicite (archives départementales en annexe G 1061) Il ordonne, en effet, des travaux et en particulier : « L’on augmentera l’église d’une arcade et pour cet effet on prendra le revenu du dit œuvre … que les blasphémateurs payeront chaque fois à l’œuvre « » (deniers) et 2 « » (deniers) au dénonciateur ».

ALRAY fait référence à une chapelle St Marc qui vraisemblablement se situait à l’emplacement de la voûte plein cintre latérale bouchée (ajouté vraisemblablement au XIVème siècle) de la travée orientale (fouilles extérieures à réaliser).

L’église a été enfin modifiée au début du siècle. Puisque les sols (en grés et parefeuilles) ont été recouverts par des pavés de ciment (fabriqués entre 1920 et 1935). En outre, de nombreuses baies ont pour la plupart étés créées postérieurement à l’ouvrage primitif.


DESCRIPTION

1 - INTERIEUR

a) L’abside romane
La chapelle est construite sur un plan rectangulaire dont la longueur fait 24 m et la largeur 15.5 m orienté sur un axe est-ouest.

L’abside romane à l’Est, voûtées en cul de four, à un rayon de 3 m. Elle est décalée de l’axe de la nef vers le Sud. L’appareillage
du cul de four absidial et les assises parallèles de la voûte en berceau de la travée de chœur sont réalisés en tuf et ont été parfaitement
restaurés en 1980.

L’abside est percée d’une fenêtre axiale et d’une fenêtre (ajoutée) latérale, à double ébrasement s’évasant vers l’intérieur et l’extérieur à voûtes plein cintre à claveaux réguliers.

Les murs de l’abside romane ont une épaisseur de 1.60 m et sont appareillés à l’intérieur en blocs réguliers grossiers non taillés. Un soubassement saillant en pierre apparaît à fleur du sol carrelé rapporté en 1980.

L’abside romane est surmontée par une tour demi cylindrique et un clocher parallélépipédique. On accède depuis la nef à la pièce d’étage, au-dessus de l’abside romane par un escalier latéral Nord qui a été ajouté (les pierres de liaison à la chapelle n’étant pas harpées et désolidarisées).

L’escalier révèle une troisième baie à double ébrasement bouchée de l’abside romane, qu’il a dissimulé. La pièce d’étage surmontant l’abside est cylindrique, les murs de couronnement de l’abside ont été arasés à 1 m du sol et surélevés par des murs de 45 cm d’épaisseur, seulement, supportant une dalle de couverture à 30°, en béton et IPN visibles (réalisation : début XX ème). De cette pièce, par une succession de 3 échelles, on accède au sommet du clocher qui émerge de cet ensemble. Le clocher est surmonté d’une campanile en métal et en anse de panier.

b) L’abside Ouest moderne
L’abside moderne (1638) à l’ouest, voûtée en cul de four, a un rayon de plus de 7 m ; elle est prolongée à l’ouest par un appendice au-delà du cœur dont les maçonneries sont harpées à celles de l’abside.
La voûte absidiale est ornée d’une peinture bleue avec étoiles. L’abside Ouest est percée en son centre, au-dessus du pied de voûte en cul de four, par un œil de bœuf oblong, axial, à simple ébrasement, s’évasant de 15 cm vers l’intérieur ; sa partie supérieure a la forme d’un arc plein cintre engagé dans le cul de four en lunette droite inclinée ; elle est appareillée par des claveaux juxtaposés.

L’abside Ouest moderne est percée de deux baies à linteau plein cintre ainsi que deux petites fenêtres à linteau à plate bande
dans l’axe des deux chapelles latérales à voûte en berceau du cœur. Les murs de l’abside moderne sont revêtus de panneaux en bois.

A l’intérieur, la nef a été totalement modifiée dans le courant du XVIIème siècle par une série de refends camouflant la partie inférieure des arcs diaphragmes,
et formant des chapelles latérales. 10 chapelles latérales ont été ainsi créées.
Des sondages ont permis de mettre à jour, en pied d’arcs diaphragmes, des colonnes semi-cylindriques engagées à chapiteau semi-cylindrique.
Les chapelles rapportées sont surmontées de voûtes en anse de panier en brique, plâtre et ossature bois.

L’habillage en plâtre des voûtes des arcs diaphragmes pré-romans, au XVIIème siècle, a été réalisé avec une ossature bois habillée de brique et plâtre formant des arcs
en anse de panier reposant sur les refends en maçonnerie, des chapelles.

La nef a été habillée, entre les arcs diaphragmes, par des voûtes en berceau en brique et plâtre au XVIIème siècle. Cet ouvrage a été démoli entre 1982 et 1990 suite à des débuts d’effondrement.

Les murs de la nef sont revêtus d’enduit au mortier de chaux peint et plâtre datant du XVIIème (lors de la transformation de la chapelle). Les murs de l’abside sont revêtus de bois désagrégé datant de la même période.

Les sols sont revêtus de carreaux de ciment coloré, réalisés vraisemblablement entre 1925 et 1935. Un sondage du centre de la nef a permis de mettre à jour,
sous les carreaux de ciment, un sol d’origine en dalles de grès fin taillé de 4 cm d’épaisseur juxtaposées à des parefeuilles en terre cuite.

c) La nef
La nef unique est séparée en 4 travées formant des chapelles latérales de dimensions sensiblement identiques (ces chapelles ont été créées au XVIIème siècle).
La nef a été transformée au XVIIème , avant qu’on ajoute les refends formant les chapelles.

2 – EXTERIEUR

Les murs de la chapelle sont bâtis en pierres grossières à joint incertain, de dimensions très variables sans assises régulières horizontales,
exceptés les chaînages d’angle en besace et certains contreforts, liés par un mortier, le parement extérieur des murs était enduit.

Au dehors, l’abside Ouest moderne, enduite, est englobée partiellement par l’appendice. Elle est de forme cylindrique régulière sans soubassement saillant et sans corniche.

L’abside Ouest moderne est prolongée par une voûte de travée de cœur en berceau.
La nef elle-même est plus haute que l’intrados de la voûte du cul de four ; les murs de la nef sont sans corniche. Ils sont contrebutés par quatre contreforts rectangulaires, qui se terminent en biseau au sud et sont couronnés par des tuiles pour deux d’entre eux et par une pierre taillée pour les deux autres, au Nord.

Entre les contreforts, le mur est percé côté nord par 4 fenêtres à double ébrasement, de hauteur variable, dont une à arc d’ogive. Les appareillages de ces fenêtres sont très hétérogènes : deux d’entre elles sont en grès fin taillé, deux autres sont plus grossières, en grès coquillé. Les deux fenêtres en grès fin semblent avoir été créées postérieurement à l’édifice primitif. Entre les contreforts, le mur est percé côté sud par 2 fenêtres à arc plein cintre à double ébrasement, un arc d’ogive à double ébrasement (arc brisé surbaissé) et par une porte surmontée par un linteau à plate bande à clef passante et pendante en grès fin, rapporté au XVIIème siècle.

Enfin, une porte bouchée, à arc plein cintre à claveaux réguliers simples non sculptés, apparaît dans l’axe entre les 4ème et 5ème contreforts au Sud.

Du point de vu de Pierre Clément, la nef a été agrandie vers le nord pour contenir les 1400 paroissiens. Le mur d’origine nord devait se trouver dans le prolongement du mur nord de l’abside ou légèrement décalé.
L’appareillage extérieur de l’abside oriental a disparu et a été remplacé par un appareillage grossier réalisé lorsque l’église a été restaurée et reconstruite au XVIIème siècle.

3 – CHARPENTE COUVERTURE

La couverture de l’abside moderne et de la nef, restaurée en 1982, est à deux pans à 30 % couvert de plaques de fibro-ciment et tuiles canales.

La charpente est composée de deux séries de cinq pannes en bon état dont les abouts reposent dans les maçonneries surmontant les arcs, le refend du clocher et l’arc triomphal.

La couverture de la tour clocher est réalisée en béton armé sur une voûte maçonnée en pierre taillée. Cet ouvrage en béton a été réalisé vraisemblablement vers les années 1930 lors de la transformation de la chapelle. En 1982, une réhabilitation partielle a été réalisée qui a concerné, pour l’essentiel, les toitures et un arc diaphragmes affaissé.

ETAT DE L’EXISTANT

- Structures (voir note en annexe): une fissuration répétitive des refends porteurs d’arc est visible qui laisse apparaître les arcs romans d’origine, qu’il s’agit de restituer. Deux arcs doubleaux sont affaissés et nécessitent une confortation par l’extrados sur la toiture, la voûte en cul de four du cœur est fissurée et doit-être agrafée.

- Sols : les sols en pavés de ciment sont en partie affaissés, des remontées capillaires sont visibles sur les murs périphériques qui nécessitent des ouvrages de drainages à la fois des sols intérieurs et de l’extérieur.

- Revêtements intérieurs :L’ensemble des enduits des murs sont en mauvais état et doivent-être décroûtés et enduits aux mortiers de chaux.

- Couverture :En bon état, elle devra être déposée et reposée aux emplacements des arcs de voûte à confortés et du cul de four.

- Menuiserie :Le portail d’entrée a été rapporté au XVIIème siècle. Il nécessite une réfection, l ‘ensemble des vitraux ont disparu, les fenêtres les remplaçant sont à refaire.

- Fluides :Installation électrique défectueuse et aucun réseaux d’eau et d’eau usée ; à refaire.

L'Architecte
SGS ©2004